Myriam Tremblay, conseillère en orientation
5 janvier 2009

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre du mois de janvier.

Concilier le rêve et la réalité

Dans le monde d’aujourd’hui en perpétuel changement, la maxime «Connais-toi toi-même» s’applique plus que jamais lorsqu’il faut faire un choix aussi important que celui d’une future carrière.

Pour Myriam Tremblay, conseillère en orientation à la Commission scolaire De La Jonquière depuis plus de 20 ans, cet accompagnement dans une démarche de découverte de soi est un privilège. «Lors de mes rencontres individuelles avec les élèves, je m’applique constamment à rendre leur rêve plus réaliste et donc plus accessible. Ce n’est pas facile de faire un choix si important à 16 ou 17 ans. Les jeunes ont beaucoup de pression. Même si certains parents les influencent, ce sont eux qui doivent décider de leur avenir. C’est mon devoir de leur faire voir les différents facteurs qui peuvent brouiller les cartes comme le contingentement des programmes, la saturation du marché, des résultats scolaires insatisfaisants, les horaires et l’environnement de travail, etc.»

Le cheminement de Myriam est en lui-même un bon exemple des étapes nécessaires pour faire un bon choix. Lorsqu’elle était adolescente, elle aidait un de ses oncles qui était pharmacien. Elle pensait étudier dans ce domaine, mais après réflexion, elle s’est rendue compte que c’était le contact avec les gens qu’elle aimait le plus. «J’ai toujours aimé être entourée de monde et les gens venaient à moi facilement. Je m’intéressais vraiment à eux, à ce qu’ils vivaient. Même si mes résultats scolaires me permettaient d’étudier dans plusieurs domaines, c’était clair pour moi que je me dirigerais vers la relation d’aide.»

Après deux ans de cégep en sciences humaines, Myriam a débuté un baccalauréat en travail social en 1982. Mais après un an dans ce programme où la sensibilité est souvent mise à l’épreuve, elle a senti le besoin de faire le point et d’évaluer à nouveau les différentes avenues entourant les sciences humaines. Après un temps d’arrêt d’une année où elle a travaillé à la boutique de fleurs de sa mère, elle a finalement opté pour le BAC en orientation à l’Université Laval et obtenu son diplôme en 1987. Quelques mois plus tard, l’École polyvalente Arvida lui ouvrait ses portes sur la carrière convoitée. « Je suis arrivée là, début vingtaine, avec une équipe de conseillers masculins très expérimentés. Dès le début, mon principal collègue de travail, M. Léon Gagnon, m’a beaucoup aidé à m’adapter à l’environnement scolaire. Il a été pour moi un véritable mentor. Onze ans plus tard, j’ai même pris sa relève à l’École secondaire Kénogami lors de son départ à la retraite. C’est comme s’il m’avait tracé le chemin. »


Partir de soi pour trouver sa place

Le travail de conseiller en orientation comporte plusieurs facettes. Avant le début des classes, Myriam collabore au classement des élèves et à la formation des groupes avec le comité de classement et la direction d’école. Dès le début des cours, c’est la tournée des classes qui commence. Elle présente les services en orientation, les différents programmes scolaires ainsi que les activités à venir au cours de l’année comme l’événement Zig Zag, la visite au cégep ou l’élève d’un jour. Viennent ensuite les entrevues individuelles avec les élèves de 4e et 5e secondaire et tout le processus du choix de cours qui implique la rencontre de chacun des élèves de l’école pour parler de leur parcours scolaire.

«Les jeunes sont vraiment beaux. C’est pour moi un privilège de pouvoir les connaître et de les accompagner dans leur cheminement. Après un bilan de la situation actuelle et des différents choix possibles en fonction de leurs aptitudes et intérêts, je les aide à préparer un plan A et un plan B pour ne pas briser leurs rêves. La plupart des jeunes ont une vision à court terme. Je les amène à se situer à plus long terme. Certains élèves savent ce qu’ils veulent. Ils ont simplement besoin d’informations complémentaires comme les perspectives d’emploi. D’autres se font une image idéale du métier ou de la profession. Par exemple, un élève qui a des aptitudes pour travailler en soins infirmiers ne pense pas toujours qu’il devra travailler le soir ou la fin de semaine. Ce genre d’information peut suffire à les faire changer d’idée. Il m’arrive aussi de référer des élèves à la psychoéducatrice lorsqu’ils vivent une situation particulièrement difficile. Nous disposons de bons outils pour les aider, mais le plus important, c’est de les faire réfléchir sur leurs valeurs, de voir s’ils se reconnaissent dans leur choix. C’est pourquoi j’insiste tant sur l’importance d’aimer le travail qu’ils vont faire pendant plusieurs années.»

Comme son emploi exige une mise à jour constante, Myriam assiste à des journées d’informations sur les programmes de formation professionnelle et collégiale. De plus, elle fait beaucoup de recherche sur Internet pour obtenir les plus récentes données sur le marché du travail et les perspectives d’emploi. «J’aime me tenir au courant de l’actualité pour voir venir les choses. J’ai aussi la chance de travailler en collaboration avec tous les éducateurs du milieu et avec les parents pour donner les meilleurs services possibles. Dernièrement, un ancien élève de la cohorte de 1988 m’a contactée pour me remercier de l’avoir aidé dans ses choix. La période de l’adolescence a été difficile pour lui et ces rencontres l’ont fait réfléchir. Même aujourd’hui, il lui arrive encore de penser à des choses que je lui ai dites. C’est très valorisant de recevoir ce type de témoignage.»

Après plus de vingt ans au sein d’une même profession, l’enthousiasme de Myriam Tremblay reflète bien la réalité de ce qu’elle prône constamment : «On change en vieillissant, mais la base fondamentale reste là. Si on part de ce qu’on est lorsqu’on a un choix important à faire, on ne peut pas vraiment se tromper... Quand on fait ce qu’on aime, on n’a pas l’impression de travailler.»

 

 


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