Lucie Vaillancourt, technicienne en éducation spécialisée
2 mars 2009

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre du mois de mars.


Rester ouvert et bien ancré

L’éducation spécialisée est un domaine de travail très varié qui exige en tout temps une grande ouverture d’esprit et de l’empathie. Ces qualités sont apparues très tôt chez Lucie Vaillancourt. Déjà à 10 ans, elle avait le sens de l’écoute très développé et recevait beaucoup de confidences de ses proches. De nature accueillante et spontanée, elle s’est d’abord dirigée en technique sociale au Cégep de Jonquière, puis a poursuivi ses études en sociologie à l’Université Laval, un choix lui offrant de multiples champs d’interventions. Elle a obtenu son baccalauréat en 1985. De retour au Saguenay, elle a complété son apprentissage en animation, en pédagogie et en toxicomanie.

« C’est M. Roland Haché, à l’époque directeur des services aux étudiants qui m’a donné ma chance à la Commission scolaire régionale Lapointe. Je lui ai présenté un projet sur les décrocheurs potentiels et il m’a offert un premier mandat à l’École polyvalente Arvida comme agente de réadaptation. La majorité des élèves qui ont fait les ateliers d’orientation au travail ont terminé leur secondaire. Dernièrement, j’ai revue une jeune fille qui avait un comportement rebelle à l’école. Elle a maintenant trouvé le domaine d’études qui la passionne et m’a remerciée de l’avoir encouragé à poursuivre ses études. »

Depuis trois ans, Lucie occupe un poste à temps plein incluant un volet de prévention en toxicomanie à l’École polyvalente Jonquière. Dès qu’un élève est exclu de son cours, il est référé à Lucie par l’enseignant ou la direction. Il peut s’agir de problèmes de comportement, de consommation ou d’une problématique familiale. En tout temps, Lucie travaille en équipe avec d’autres ressources internes et externes : infirmière, psychologue, conseiller en orientation et travailleur social. Dépendamment des objectifs, l’élève en suivi est rencontré deux fois par semaine pendant plusieurs semaines et parfois même pendant toute l’année. « J’aime créer des liens, partager, sociabiliser avec les élèves et avec mes collègues. Je suis constamment à la recherche d’une solution pour que tout aille bien pour les gens qui m’entourent. J’aime par dessus tout être en contact avec des gens authentiques. La majorité des jeunes sont directs et spontanés. Je me dois d’établir un climat de confiance dès la première rencontre. »

Lucie fait également partie du comité de non-violence. Tous les enseignants et les élèves ont été informés du protocole entourant la politique de tolérance zéro. « La loi du silence donne du pouvoir à ceux qui font subir de la violence aux autres. C’est à nous tous d’encourager l’élève à parler lorsqu’il subit ce genre de situation. J’anime aussi des ateliers pour ceux qui admettent avoir des comportements agressifs. Eux aussi ont besoin d’aide. »

Pour ce qui est du volet toxicomanie, Lucie assure le service de première ligne soit l’accueil, la prévention, le dépistage, l’information, la sensibilisation et la promotion. Les élèves qui sont suspendus pour des raisons de consommation ou de possession de drogues sont rencontrés individuellement. L’élève qui décide de poursuivre la démarche est référé à un intervenant des centres jeunesse qui fait une évaluation de l’indice de gravité de toxicomanie. Selon le besoin et s’il est volontaire, il sera ensuite dirigé en service d’hébergement pour une réadaptation. La confidentialité de ces démarches permet de garder un bon lien de confiance. « J’aime l’imprévisible. Il n’y a jamais de routine dans mon travail et je me sens respectée par mes pairs et la direction. J’adore travailler en équipe multidisciplinaire, partager de l’information et d’autres visions avec des intervenants qui ont des compétences différentes des miennes à l’interne comme à l’externe. C’est là tout le secret de la réussite. »

À la recherche de nouveaux sentiers

Comme Lucie et ses collègues de travail sont toujours à la recherche d’innovation dans leurs méthodes de travail, elles ont présenté un projet INAQ de la Coopérative d’intervention par la nature et l’aventure du Québec. Quoi de mieux qu’une activité en plein air pour créer des liens particuliers avec les élèves! L’École polyvalente Jonquière participe à ce projet depuis trois ans. Cette initiative a permis à Lucie et à sa collègue Mme Girard d’accompagner une douzaine d’élèves dans une excursion de deux jours en canot-portage dans le parc des Laurentides et lors d’une randonnée en montagne.

Bien qu’il arrive que Lucie soit témoin d’expériences difficiles lors de ses rencontres avec les élèves, elle demeure positive et apprécie sa vie personnelle avec son conjoint et ses deux enfants. La lecture, la marche, l’horticulture, le vélo et le camping estival lui permettent de refaire le plein d’énergie. « Certains jeunes me touchent beaucoup. Je pense souvent à eux, même après le travail. Je suis très heureuse de mon cheminement, de toutes ces expériences acquises à travers de multiples projets et surtout de l’aspect humain de mon métier. C’est un milieu de travail très créatif, mais il n’y a rien d’acquis. Il faut rester ouvert à différentes possibilités et surtout ne pas s’isoler. J’aimerais beaucoup enseigner cette expertise développée sur le terrain. »

En conclusion, le travail de Lucie Vaillancourt, tout comme sa personnalité, peuvent se comparer à un phare solide et bien ancré qui, par sa lumière, contribue à éclairer le sentier de certains élèves momentanément égarés ou en difficulté.

 


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