Daniel Couture, enseignant en anglais
1 février 2010

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre du mois de février.
 

« On ne sait jamais où la vie peut nous mener… »

Certaines personnes, lorsqu’on les écoute parler de leurs passions, nous donnent l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. C’est le cas de M. Daniel Couture, enseignant en anglais, langue seconde, dans les écoles Saint-Jean-Baptiste, Sacré-Cœur et Immaculée-Conception.

Natif de Jonquière, Daniel a fait toutes ses études au Saguenay. « On ne sait jamais où la vie peut nous mener parce que je n’aimais pas beaucoup l’école. Je préférais les disciplines sportives comme le baseball, ski alpin, la danse et le patinage artistique. Dans le temps, il n’y avait pas de programme en Sport-Arts-Études. Vers l’âge de 13 ans, j’ai eu la chance de voir un spectacle de la troupe Ice Capades à Atlantic City avec ma famille. C’était grandiose! J’étais fasciné par les performances des patineurs, mais aussi par l’orchestre, les décors et les costumes. Je me voyais sur la glace en train de patiner avec eux. C’est après cela que j’ai commencé à m’entraîner sérieusement en patinage artistique. Je me levais à cinq heures du matin pour aller pratiquer à l’aréna et je me rendais à l’école à 7 h 30. Ma sœur aussi suivait des cours puisque nous étions partenaires de danse en couple. Après l’école, mes parents revenaient nous chercher et on retournait pratiquer à l’aréna. Quelques années plus tard, j’ai entendu dire que la troupe venait faire des spectacles au Québec et faisait passer des auditions à Montréal et à Sherbrooke. À cette époque, j’étudiais en techniques administratives au Cégep de Jonquière, mais je ne me voyais pas travailler dans un bureau. Nous avons passé deux auditions et en août 1978, ma sœur et moi signions un contrat d’un an avec la troupe Ice Capades de Los Angeles. J’ai quitté la maison à 18 ans pour revenir seulement douze ans plus tard. »

Après des années de tournées à travers les États-Unis et la vie dans les hôtels, ce n’était pas évident de rentrer au Saguenay pour Daniel. « Nous étions comme une grande famille, un peu comme le Cirque du Soleil. J’ai côtoyé de grands artistes et athlètes olympiques comme Toller Cranston, Dorothy Hamil et Scott Hamilton de qui j’ai beaucoup appris. À part ma famille proche, je n’avais plus beaucoup de contact dans la région. Pour un gars qui aime le Sud, il a fallu que je me réhabitue à l’hiver… »

Daniel ne revenait tout de même pas avec les mains vides puisqu’il avait acquis le sens de la discipline et la persévérance en plus de parler parfaitement l’anglais. Dès son retour, il a commencé à travailler dans différentes boutiques, le temps de savoir ce qu’il voulait faire. Puis quelqu’un lui a suggéré de donner des cours d’anglais. « L’idée d’enseigner était intéressante parce que pendant mes dernières années avec la troupe, j’étais assistant-producteur pour les auditions et j’enseignais les chorégraphies aux nouvelles recrues. Je me suis donc inscrit au BAC en langue seconde à l’UQAC et j’ai obtenu mon diplôme d’enseignement en 1996. Mais j’avoue que j’ai trouvé ça difficile de passer des journées assis à lire et à écrire alors que j’avais passé 12 ans à performer sur une glace. C’était vraiment le jour et la nuit… Pendant quatre ans, j’ai bûché tout en travaillant pour payer mes études. C’est lorsque j’ai commencé à faire des stages dans les écoles que j’ai vraiment pu apprécier le monde de l’éducation. »

« Enseigner, c’est aussi performer…»

La deuxième carrière de Daniel a donc débuté à 34 ans. Comme il demeurait à Ville de la Baie, il a fait ses débuts à la polyvalente de cette ville et consécutivement dans des écoles primaires de L'Anse-Saint-Jean, Petit-Saguenay, Chicoutimi et Jonquière. Plusieurs contrats de remplacement dans les écoles de Bégin, Saint-Ambroise, Shipshaw et Larouche l’ont amené à choisir la Commission scolaire De La Jonquière en 1998.

Le travail de spécialiste nécessite une grande capacité d’adaptation. Daniel enseigne cinq périodes d’une heure par jour, de la première à la sixième année dans les écoles Sacré-Cœur, Saint-Jean-Baptiste et Immaculée-Conception. Sa tâche inclut également du temps de travail personnel et de la surveillance d’élèves. « Je dois constamment m’ajuster aux différents programmes selon les niveaux. En première et deuxième année, c’est davantage une initiation à la langue anglaise : vocabulaire, expressions, comptines et jeux d’association par l’image. Mais avant tout, il faut leur faire aimer l’apprentissage d’une nouvelle langue. À cet âge, ils ont tellement de facilité à apprendre! J’en suis surpris à chaque fois. Comme je suis de nature énergique, j’aime beaucoup animer. Grâce à mon expérience de la scène, j’ajoute des jeux de mimiques dans les chansons et je bouge avec eux. D’autres fois, on bricole, on fait un petit spectacle de marionnettes. »

Au deuxième cycle, le programme est un peu plus élaboré avec des questions d’ordre usuel telles que leur lieu de naissance et leur date d’anniversaire sous forme d’activités, d’exercices et de présentations orales. Le suivi est plus exigeant pour le cycle trois. Il y a la lecture de textes, la compréhension, l’écriture, les recherches sur un thème et les exposés. « Aujourd’hui, les enseignants et les élèves disposent d’une variété impressionnante de matériel didactique qui facilite l’apprentissage. Avec les ordinateurs, les postes de télévision anglophone et les jeux, ils sont beaucoup plus ouverts sur le monde. Des fois, j’ouvre une parenthèse d’explications en français pour leur dire à quel point ils sont chanceux de pouvoir apprendre une autre langue aussi jeune. C’est certain que l’appui des parents à la maison contribue également à les motiver. Chaque enfant a sa situation de vie personnelle. J’ai développé beaucoup de patience en travaillant avec les plus jeunes. Au début, je préparais toujours trop de contenu parce que j’oubliais tous les imprévus qui peuvent survenir dans une classe. »

Ce que Daniel aime le plus dans son travail, c’est de voir l’évolution et la réalisation des élèves. « C’est valorisant de voir la satisfaction sur leur visage quand ils sont fiers d’eux. Ceux qui ont la chance de voyager avec leurs parents comme je l’ai fait sont contents de me dire qu’ils ont parlé en anglais pendant les vacances. Cela augmente leur motivation et ils comprennent encore mieux l’utilité d’apprendre une autre langue. Devant la classe, je suis très expressif et j’aime les faire rire, mais je leur dis aussi qu’il y a un temps pour être sérieux. À l’école, je participe au projet éducatif en art pour l’organisation de comédies musicales. Cette année, je vais coordonner le spectacle du Petit Prince de l’école St-Jean-Baptiste. »

Est-ce que Daniel songe à une troisième carrière? Pas du tout. Il veut enseigner le plus longtemps possible et continuer de voyager. « J’ai toujours aimé performer dans le monde sportif et artistique, mais cela exige beaucoup de discipline pour atteindre un haut niveau. J’ai voyagé aux États-Unis, en Amérique du Sud, au Canada et plus récemment en Europe. Si c’était à refaire, je referais le même parcours. Enseigner, c’est aussi performer… on doit livrer des connaissances aux élèves et en retour, on reçoit leur attention et leur plaisir d’apprendre. »

 


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