Audrey D'Amour, enseignante d'une classe multiâge
1 février 2012

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre des mois de février et mars.

Être assise sur la bonne chaise!

Pour notre rencontre, madame Audrey m’accueille dans sa classe et s’installe confortablement sur une petite chaise miniature. Un format qui convient certainement à ses petits élèves de 1er cycle, mais qui convient beaucoup moins à un adulte! Pourtant, madame Audrey semble très à l’aise, sans doute habituée à être à la même hauteur que ses élèves, ce qui n’est manifestement pas mon cas! Dès le début de notre entretien, on sent qu’Audrey D’Amour, enseignante d’une classe multiâge à l’école Marguerite-Belley, est assise « sur la bonne chaise ».

Devenir enseignante n’était pas le rêve de petite fille d’Audrey. « Le primaire a été la pire période de ma vie! J’ai détesté ça. Et quand tu n’aimes pas l’école, tu éprouves souvent des difficultés scolaires, ce qui était mon cas », se rappelle-t-elle. Cette jeune fille timide a commencé à s’épanouir à l’école secondaire. « J’ai alors découvert un sentiment de liberté! En quelques mois, je suis devenue une première de classe. J’ai également rencontré des enseignantes et des enseignants signifiants, ça m’a permis de gagner de la confiance en moi. »

C’est donc à l’adolescence qu’Audrey a décidé de se diriger vers une carrière en enseignement. Mais pourquoi ne s’est-elle pas dirigée vers le secondaire puisque c’est à ce niveau qu’elle a pris son envol? « Je voulais travailler avec les enfants. Déjà, lorsque j’étais plus jeune, j’allais faire de petits spectacles à la garderie de ma voisine. Le choix du primaire s’est fait naturellement parce que je voulais vraiment faire vivre de belles expériences à mes élèves, peut-être en opposition à ce que j’avais vécu. » Audrey a obtenu son baccalauréat en 2002.


Les classes multiâges, une réalité de plus en plus présente

Depuis le début de sa carrière, Audrey a enseigné majoritairement dans des classes multiâges. Ce sont des classes regroupant des élèves de deux niveaux académiques différents, par exemple des élèves de 1re et de 2e année. C’est une réalité présente depuis longtemps en périphérie, mais le milieu urbain compte aussi ce type de classes. Le multiâge permet, entre autres, aux enfants de demeurer dans leur école lorsque le nombre d’élèves est insuffisant pour former un groupe « de degré simple ».

« Ce que j’aime avec le multiâge, c’est que tu dois toujours te renouveler. L’enseignant n’est jamais en zone de confort, c’est un beau défi », dit-elle d’entrée de jeu. « La clé du succès : aimer ses élèves! Il ne faut pas voir deux groupes différents, mais une seule classe. C’est tellement spécial. Les enfants se serrent les coudes, ils développent une belle solidarité et ça se reflète tant sur le plan académique que social. »

Cette année, Audrey enseigne à des élèves de 1re et de 2e année. « Il faut briser les préjugés! On croit, à tort, que les élèves de 1re année sont parmi les meilleurs et que les élèves de 2e éprouvent des difficultés. C’est totalement faux. Les enfants qui composent les classes multiâges sont choisis selon les critères d’autonomie, de responsabilité et sur leur capacité à s’ouvrir aux autres, car dans une classe multiâge, ils sont toujours confrontés à la différence. Ils doivent apprendre à se faire confiance mutuellement et à me faire confiance », explique-t-elle en souriant. « Mes amis développent beaucoup d’estime de soi, par exemple, un enfant de 1re année qui réussit un exercice pour les plus vieux ou encore un enfant de 2e année qui vient en aide à un plus petit! »

Au quotidien, une classe multiâge représente tout un défi pour les enseignants. « Je dois connaître les programmes de deux années et la préparation se fait en double. Par contre, il y a des activités communes aux deux niveaux. Lorsque je travaille les nombres, tous les élèves participent à l’activité, mais les nombres sont différents selon le niveau. C’est la même chose avec les lettres. Les élèves de 1re année apprennent les lettres en script, les élèves de 2e année tracent la même lettre, mais en écriture cursive. Pour les apprentissages plus spécifiques, je fonctionne en atelier. Au besoin, je peux faire appel au soutien à la pédagogie et à l’encadrement qui prend en charge une partie de la classe. »

Les parents sont souvent craintifs lorsqu’ils apprennent que leur enfant fera partie d’une classe multiâge. Selon Audrey, c’est tout à fait normal d’éprouver certaines craintes. « L’inconnu fait peur. Les parents se posent des questions. Ils se demandent pourquoi leur enfant a été choisi. Le secret est de bien leur expliquer en début d’année. Au fond, tous les parents veulent la même chose : que leur enfant soit bien. Quand ils constatent que leur enfant est heureux et qu’il apprend bien, ça les rassure. »


Et quand la journée prend fin…

Sa journée de travail terminée, Audrey se hâte d’aller rejoindre ses deux petits trésors. Maman comblée, elle avoue que sa priorité est la famille. « Ma vie tourne autour de ma famille. La fin de semaine est consacrée aux activités familiales comme le ski alpin, le vélo, le camping. Je suis une fille sociable, j’aime être entourée des personnes que j’aime. Alors, la fin de semaine est également l’occasion de se retrouver entre amis. »

C’est un privilège de découvrir des personnes si passionnées par leur travail. Ma rencontre avec Audrey D’Amour ne fait pas exception! Lorsque l’on voit briller les yeux d’Audrey, on ne peut pas douter de la passion qui l’anime! «On ne peut pas faire semblant avec des enfants! Il faut les aimer et ils doivent le sentir. S’ils sont heureux en classe, s’ils se sentent aimés, ils deviennent plus intéressés à apprendre.»

Par Marie-Ève Desrosiers
Service du secrétariat général et des communications

 


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