Armand Gaudreault, enseignant au CFPJ et chargé de cours à l'UQAC
30 mars 2012

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre des mois d'avril et de mai. 


« Tout devient facile quand on aime ce que l’on fait! »

L’électricité est un domaine passionnant parce qu’il combine le travail physique et intellectuel. En plus d’une bonne dextérité manuelle, il exige de la logique et de la mémoire pour résoudre divers problèmes.

Comme la plupart des garçons de son âge, lorsqu’il était enfant, Armand Gaudreault aimait jouer au hockey avec ses amis, mais encore plus accompagner son père, électricien, à son travail. «À l’époque, je n’avais pas beaucoup d’intérêt pour les études, même si je réussissais bien. Les journées pédagogiques se transformaient en fête de Noël quand mon père m’amenait avec lui… À 16 ans, j’ai obtenu mon premier emploi d’été comme aide-cuisinier dans un camp de vacances en Ontario. J’ai ensuite commencé une formation professionnelle en cuisine tout en complétant mon secondaire IV. J’ai vite réalisé que, même si j’aimais cuisiner, je ne me voyais pas en faire un métier au quotidien. J’ai finalement opté pour terminer mon secondaire et faire un DEP en électricité, un choix beaucoup plus naturel pour moi.»

Pour devenir électricien certifié, Armand devait cumuler quatre périodes de 2 000 heures en tant qu’apprenti supervisé. De 1990 à 1995, il a travaillé pour l’entrepreneur général en électricité Théberge & Belley. «J’avais un peu touché au secteur résidentiel avec mon père, mais j’étais davantage attiré par le domaine industriel. Je trouvais ça impressionnant d’arriver sur des gros chantiers. Par contre, les projets de construction arrivent souvent par vagues dans ce secteur. C’est pour cette raison qu’on se retrouve au chômage entre les différents contrats. Après le déluge de 1996, j’ai obtenu un emploi de bobinage de moteurs électriques pour CBL Contracteur Boulianne. En 2000, les contrats ont à nouveau diminué et j’ai décidé de retourner sur les chantiers de construction. Je voulais avant tout compléter mon carnet d’apprenti et obtenir ma licence C. J’ai dû travailler fort pour m’adapter à la nouvelle technologie de l’usine Alcan à Alma après avoir connu celle de l’usine Isle-Maligne datant de la dernière guerre.»

Le travail en construction se faisant à nouveau plus rare en 2002, Armand a décidé d’ajouter une nouvelle corde à son arc en complétant une attestation d’études collégiales (AEC) en électronique au Cégep de Jonquière. «Avec deux enfants, je ne pouvais pas me permettre de rester trop longtemps sans travailler. Le chômage combiné aux études pendant un an était la solution idéale. En janvier 2004, je voyais la fin de mon cours approcher, mais il n’y avait toujours pas de travail en vue. Puis, j’ai remarqué l’offre d’emploi du CFPJ qui recherchait un enseignant en électricité. Étant de nature timide, je ne me voyais vraiment pas en train de parler devant un groupe d’élèves. Par contre, plusieurs collègues de ma classe en électronique, que j’avais aidés parce qu’ils avaient de la difficulté en maths, m’avaient dit que j’expliquais bien.»

Une belle histoire sans fin… 

C’est ainsi qu’Armand a délaissé les chantiers de construction pour faire son entrée comme enseignant à l’édifice du Royaume. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisqu’il y avait une exigence bien précise à son contrat : celle d’obtenir un baccalauréat en enseignement professionnel. «J’avais souvent l’impression que je n’étais pas allé au bout de mes capacités. Même si je n’avais jamais pensé entrer à l’université, j’ai vu cette demande comme une chance de développer mon potentiel. D’autant plus que mes premiers mois d’enseignement avaient été difficiles. Je n’avais pas les mêmes outils que ceux d’aujourd’hui sur les méthodes de travail et la gestion de classe.»

Homme de défi, Armand a complété son BAC en quatre ans tout en continuant d’enseigner à temps plein au CFPJ. Pendant sa formation, il aimait beaucoup échanger avec ses collègues sur leurs diverses expériences acquises sur le terrain. Certains lui ont même suggéré l’idée qu’il pourrait enseigner le module d’introduction du BAC en formation professionnelle, s’il poursuivait ses études universitaires. L’idée a rapidement fait son chemin dans la tête d’Armand puisque deux ans plus tard, en 2010, il terminait avec succès une maîtrise en éducation. En plus de son emploi au CFPJ, il est maintenant chargé de cours à l’UQAC et superviseur de stages. «J’ai la chance d’avoir une conjointe très compréhensive. Avec six ans d’études universitaires et un travail d’enseignant à temps plein, c’est certain que je n’étais pas très disponible. Mon loisir à moi, c’était les études. Dire que je ne pensais même pas aller au cégep! Quand on aime apprendre, chaque nouvelle expérience est intéressante. Par exemple, quand je supervise les stages des étudiants du BAC, je visite les centres de la région et j’observe la méthode de travail des autres enseignants. Ces rencontres améliorent mon propre travail.»

L’amour du métier d’électricien est sans aucun doute le fil conducteur de toute la démarche d’Armand Gaudreault. «Tout devient facile quand on aime ce que l’on fait. Aujourd’hui à quarante ans, je récolte ce que j’ai semé tout au long de mon parcours. Parfois, mon père me pose des questions ou me demande conseil. Je sens qu’il est fier de moi… Maintenant que j’ai réalisé tous mes objectifs, je vais devoir m’en trouver d’autres (rires). Les études commencent à me manquer...»


Par Johanne Morissette
Service du Secrétariat général et des communications

 


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