Johanne Grenon, surveillante d'élèves
3 avril 2008

Chaque mois, la rubrique " Rencontre du mois " nous fait découvrir un membre du personnel de la Commission scolaire qui nous présente la nature de son travail, ses projets, ses intérêts, ce qui l'anime et encore davantage.

Voici notre rencontre du mois d'avril.


Une présence qui fait une différence…

Dans chaque école secondaire, il y a quelque part des yeux et des oreilles qui observent, qui écoutent… Des personnes qui accompagnent, encadrent et informent. On les appelle les surveillants d’élèves. Mais connaissez-vous réellement leur travail au quotidien?

Employée de la Commission scolaire De La Jonquière depuis 15 ans, Johanne Grenon a été, depuis 1993, surveillante d’école à Notre-Dame-de-l’Assomption, à Maria-Chapdeleine et à l’École polyvalente Arvida depuis maintenant cinq ans.

Lorsqu’elle était enfant, Johanne était curieuse, active et très attirée par les arts. « Il y a tellement de choses qui me passionnaient quand j’étais jeune que je n’arrivais pas à me décider. La seule chose dont j’étais certaine, c’est que je voulais avoir des gens autour de moi. J’ai rencontré plusieurs orienteurs et j’ai passé des tests qui m’ont confirmé que je pouvais me diriger dans plusieurs domaines, particulièrement ceux où les relations humaines prédominent. Après mon secondaire 5, j’ai travaillé dans plusieurs boutiques tout en poursuivant une carrière dans le chant et plus tard, le théâtre. »

Après une période de vie familiale bien remplie avec son conjoint et ses trois filles, Johanne retourne sur le chemin du marché du travail en 1989. « On cherchait quelqu’un pour faire de la surveillance à temps partiel à l’école primaire Notre-Dame-de l’assomption. J’ai tout de suite aimé mon expérience auprès des jeunes. Ce travail est méconnu. Dans une école, il y a des règles à respecter. Il ne faut rien laisser passer, être constant pour se faire respecter. Ça demande aussi du jugement pour savoir quand agir et quand laisser faire. Nous sommes, en quelque sorte, le prolongement des yeux et des oreilles de la direction, des enseignants et des intervenants. C’est important de développer une belle relation de confiance avec tout le personnel en place. Nous formons vraiment une belle équipe. Mais avant tout, il faut aimer les jeunes, tout en sachant garder une certaine distance. »

Johanne est d’abord une femme de terrain. Elle aime sentir le pouls des jeunes et s’adapter à tous les styles de comportements. Pour elle, être surveillante d’élèves dans une polyvalente, c’est voir évoluer 1 300 personnalités en devenir. « On a des yeux et des oreilles tout le tour. On se promène partout, on les regarde vivre. En observant leur expression de visage, leur façon de marcher, je peux sentir monter la tension quand un conflit est sur le bord d’éclater. Tout me parle. Les adolescents nous permettent de les voir par leur transparence. Je trouve ça beau. Lorsque la confiance est établie, tous les sujets possibles peuvent être abordés. Certains me parlent de leurs problèmes, leurs conflits, leur peine de cœur… Je suis une confidente de première ligne et je les réfère ensuite vers le professionnel qui peut répondre à leur besoin. »

Une présence familière, un sourire sympathique, un mot d’encouragement… Pour Johanne, ce sont tous ces petits détails qui font une différence dans une journée. « Parfois, on n’a pas toujours conscience de l’impact de nos actions. Je me souviens d’un jeune en cinquième secondaire qui dînait seul tous les midis. Au début, quand j’allais le voir, il parlait très peu. Un jour, il m’a dit qu’il voulait laisser l’école. Il ne savait pas ce qu’il voulait faire dans la vie et sa motivation était vraiment basse. On jasait tous les midis. Je lui disais de ne pas lâcher, de terminer son secondaire V. Il a finalement complété son année et a poursuivi ses études en formation professionnelle. Un jour, lors d’un souper, j’ai rencontré sa mère. Elle m’a remercié et m’a littéralement dit que j’avais sauvé son fils! Je suis restée bouche bée. Ce que je ne savais pas, c’est que le jeune homme en question avait déjà fait des tentatives de suicide. Aujourd’hui, les idées noires sont loin derrière lui. Il a une copine et un bel emploi.»

Aujourd’hui, Johanne est toujours aussi curieuse, active et créative. Grâce à sa polyvalence et ses multiples talents dans le domaine des arts, elle peut s’impliquer dans les productions artistiques des élèves : parade de mode, production théâtrale, comédie musicale, etc. « J’ai vraiment un emploi sur mesure pour moi. Je peux utiliser toutes mes passions dans ce milieu. Je suis très heureuse avec les jeunes et ils me le rendent grandement. »


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